Fiche de lecture : Cyberpunk and Visual Culture

par Julien Kirch, le 8 mars 2018

Cette collections d’essais traite de l’esthétique et de la culture visuelle du cyberpunk.

L’idée est que, même si le cyberpunk a pris naissance dans des livres, ces livres s’appuyaient sur des aspects visuels très fort, et qu’aujourd’hui ce mouvement s’incarne dans des médias essentiellement visuels (BD, films, jeux vidéo…)

Les différents articles ne forment pas un ensemble cohérent mais étudient chacun un axe ou une publication. Le résultat est très riche, mais il y a quelques redites d’un chapitre à l’autre qui donnent l’impression que le contenu se répète même quand ça n’est pas le cas.

Cyberpunk : même pas mort

La pertinence du label cyberpunk aujourd’hui est un des sujets transverse du livre : depuis Neuromancien (1984) et Mozart en verres miroirs (1986) du temps a passé.

D’une part l’esthétique cyberpunk du début, intiment liée aux limites des capacités des ordinateurs, est celle d’un futur possible qui est désormais caduc.

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marmiton.org dans une réalité alternative

D’autre part l’internet n’est pas le cyberespace et qu’à ce titre, le thème même du cyberpunk n’a plus vraiment de sens : si le web imprègne désormais nos vies, on ne le consulte pas avec des fiches crâniennes, et aucun virus informatique ne vous grillera le cerveau lorsque vous ouvrez un site infecté.

La réponse du livre est d’une part que l’esthétique cyberpunk classique continue à nourrir la culture visuelle moderne, et d’autre part que le cyberpunk ne se limite pas au cyberespace car il concerne aussi :

  • la relation des personnes dominées avec le pouvoir ;

  • l’hybridation ;

  • la définition de ce qu’est une personne humaine.

C’est à dire des sujets qui continuent à être pertinents, cyborgs ou pas.

Les articles explorent ces différents sujets, et leur manière dont ils sont représentés.

Ainsi William Gibson, un des premiers membres du mouvement et dont l’imagination graphique a été fondatrice, a placé les livres de sa link trilogie Bigend dans le temps présent, tout en continuant à explorer les mêmes sujets.

Le ciel au-dessus du port était couleur télé calée sur un émetteur hors service.

— William Gibson
Neuromancien

Le cyberpunk vu d’ailleurs

Si dans ses premières années, le cyberpunk est un univers presque uniquement nord-américain et asiatique, ce n’est plus le cas ensuite.

Une des parties du livre traite justement des autres cyberpunk en Allemagne et en Afrique, ce qui permet de voir comment d’autres contextes se sont appropriés les thèmes et l’esthétique initiale pour y ajouter les leurs.

Au final

Le livre m’a mieux fait comprendre les filiations entre les premiers textes et des esthétiques modernes.

Il m’a aussi permis de mieux comprendre ce qu’on pouvait trouver sur le label cyberpunk, et pourquoi certains thèmes y trouvent leur place.

J’ai été déçu d’arriver à la fin du livre car j’aurais bien aimé lire d’autres textes aussi intéressants, mais heureusement la pile de livre qu’il m’a donné envie de commander garantit que je ne sortirai pas du sujet avant un long moment.